Bilan de Donald Trump : Où est passé le mur ? Pourquoi s’en prendre aux femmes ?

Où est passé le mur ?

Donald Trump a axé sa campagne de 2016 sur le protectionnisme ethnique et la création d’un mur entre le Mexique et les Etats-Unis. Il n’a finalement ajouté que 8 kilomètres au mur déjà existant sur les quelque 3000 kilomètres de frontière commune entre le Mexique et les États-Unis. Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton ont chacun érigé davantage de barrières frontalières avec le Mexique que Donald Trump. Il ne sert à rien de dire que la barrière est symbolique et que le gros de l’immigration illégale se ferait par voie maritime, parce que c’est un symbole et une promesse, et qu’un symbole et une promesse sont des choses réelles, pas des paroles qu’on peut écarter en invoquant une exagération lyrique électorale.

Ce mur aurait dû être une merveille du monde, un symbole aussi fort que la grande muraille de Chine. Le symbole d’un Occident qui dit stop au chantage migratoire et protège son peuple.

Dans sa campagne présidentielle de 2020, Donald Trump a dragué presque exclusivement un public noir et latino, la communication du camp républicain ayant consisté à traiter les démocrates de racistes et à promettre 500 milliards de dollars aux afro-américains. Il a poussé le zèle jusqu’à désigner le groupe démocrate KKK comme une organisation terroriste.

Pourquoi s’en prendre aux femmes ?

Donald Trump s’est engagé contre les droits des femmes en signant avec les 32 pays du monde les plus arriérés et les plus misogynes violents une déclaration commune. Il a été le premier président américain à défiler contre le droit à l’avortement. Au Texas et dans l’Ohio, des projets de loi ont été déposés par les élus pro-Trump pour envoyer sur la chaise électrique les femmes qui auraient recours à l’avortement (donc même en cas de viol), puisque l’avortement deviendrait un homicide. Dans l’Alabama, les Républicains ont réussi à faire passer la loi anti-avortement la plus répressive du pays, qui interdit l’avortement même en cas de viol pédocriminel ou d’inceste et condamne à 99 ans de prison un médecin ayant pratiqué une IVG. Donald Trump, résolument engagé contre le droit des femmes à choisir d’avorter, a activement participé à la lutte contre les droits des femmes (et notamment des femmes victimes de viol) en nommant une majorité de juges anti-avortement à la cour suprême des USA, c’est-à-dire à l’instance qui jusque-là était un garde-fou contre les législations délirantes proposant de condamner à mort les femmes qui avortent de leur violeur. Parmi ces juges, une catholique intégriste très fière d’avoir adopté deux enfants noirs qu’elle dit préférer à ses enfants biologiques, et d’avoir choisi de mettre au monde un enfant trisomique à la place d’un enfant en bonne santé avec une espérance de vie normale.

En plus de sa politique antiraciste qui a été une trahison pour sa base électorale blanche, ses prises de position anti-femmes ont été un véritable suicide politique, quand on sait qu’aux États-Unis, même dans l’électorat républicain, plus d’une femme sur deux se considère féministe, et que ça ne cesse de monter au fil des années, malgré un féminisme monopolisé par la gauche et mal vu d’un point de vue républicain.

Les femmes blanches des banlieues blanches ont été pro-Biden à 54%. En 2017, la Women’s March a réuni 5 millions de manifestants, ce qui en a fait la plus grosse contestation politique depuis les années 60 et les manifestations contre la guerre du Vietnam.

Il faut vraiment être demeuré pour croire que ça n’a pas joué un rôle décisif sur l’électorat blanc majoritaire.