Les 2 raisons qui font que le libéralisme borné à l’économie bidera toujours

Source : https://twitter.com/Acadelibre/status/1268528366526873600

Presque tout est vrai dans cette citation. Mais les choses presque vraies sont souvent des choses entièrement fausses. Ici, l’élément HYPER CRINGE, c’est l’avant-dernière phrase : « Il est aussi monstrueux de dépouiller un homme de ses épargnes que de le réduire en esclavage ».

Premier point — L’auteur ne tient pas compte du fait que 95% de la composition des fortunes importantes, ce n’est pas du « travail fait » : c’est une partie d’héritage et une autre partie souvent moindre qui représente des bénéfices qui n’auraient jamais été obtenus sans cet héritage de départ. Plus on est riche, plus on a la possibilité de devenir encore plus riche tout en déléguant 100% du travail. Le phénomène du monopole, dans de nombreux domaines, fait que celui qui a la fortune va pouvoir monopoliser un domaine nouveau en y investissant là où d’autres ne pouvaient pas, ou racheter le travail des autres pour gagner encore plus. La richesse s’entretient très bien toute seule et sa possession est tout sauf une preuve d’intelligence. Ne pas savoir multiplier sa richesse quand on a grassement hérité est revanche une preuve fiable de stupidité. S’enrichir à partir de richesses préexistantes n’est pas une preuve d’intelligence ni d’effort. Enfin, le vol bourgeois dépossédant un prolétaire de son idée parce qu’il n’a pas pu appliquer son idées avec suffisamment de budget, c’est aussi un travail. Tout travail n’est pas respectable, de même que tout effort n’est pas admirable.

Second point  — Voler à quelqu’un ses épargnes n’est absolument pas comparable à transformer un être humain en vide-couille corvéable à merci, qu’on possède et qu’on a le droit de mettre à mort. L’un est la dépossession du fruit excédentaire de son travail (plus généralement de son héritage) et l’autre la dépossession de sa liberté et de sa sécurité. Dire que les deux sont le même phénomène est aussi pertinent que dire qu’être poussé d’un mètre de haut ou être poussé du haut d’un gratte-ciel est comparable parce que dans les deux cas, il s’agit de soumettre l’autre à la gravitation.

Cette citation est un cas d’école réunissant les deux principales raisons pour lesquelles le libéralisme partiel borné à la seule économie convainc si peu de monde.

La première raison, c’est que ce libéralisme étouffé passe pour ce qu’il est : un lobbyisme bourgeois qui présente toute fortune comme le fruit d’un travail au lieu de le présenter l’héritage comme sacré et inviolable, appartenant aux descendants non-nés. Ceci prouve que nous sommes encore dans un logiciel d’extrême gauche chrétien où on ne respecte ta propriété que si elle est le fruit de ton dur labeur (commandement divin).

La seconde raison, c’est que le libéralisme borné à l’économie est développé et présenté par des gens trop autistes ou trop sociopathes pour comprendre qu’il n’est pas convaincant de comparer les finances publiques avec un grooming gang.

Si on veut que le libéralisme économique triomphe, nous devons le séparer une bonne fois pour toutes de l’église et du bourgisme, pour lui rendre sa dimension intégrale et originelle, qui est celle de la lutte pour les libertés individuelles, qui est au libéralisme diminué actuel ce que les Lumières sont au corporatisme des bien-nés.